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Je voulais juste voir ma météo. Belle.

Je regarde la météo tous les jours. Et tous les jours, le même écran gris avec un petit nuage gris. Une information utile dans un emballage que personne n'a eu envie de rendre beau. Alors je me suis fait la mienne. Rapide. Sans publicité. Et belle

Une publication de Météo élégante

L'écran d'accueil de Météo élégante : une carte de France dessinée au trait doré, chaque région portant sa température et son icône, sur une photographie de ciel bleu et de nuages.

Au départ, il n'y a pas de projet. Il y a un agacement. Je regarde la météo tous les jours, comme tout le monde. Et tous les jours, la même chose : une bannière publicitaire qui clignote, trois secondes de chargement, un écran gris avec un petit nuage gris sur fond gris. Une information utile, servie dans un emballage que personne n'a eu envie de rendre beau. Je me suis dit : je veux ma météo. Rapide. Sans publicité. Et belle.

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langues traduites entièrement, à la main
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publicité, aucun traceur, aucun compte à créer
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ligne de code écrite par moi-même

Belle, c'est-à-dire ?

C'est le point où le projet a basculé.

« Belle », pour moi, ce n'était pas une palette de couleurs. C'était : voir quelque chose de vrai. Quand je regarde le temps qu'il fait à Lisbonne, je veux voir Lisbonne. Pas un pictogramme de soleil posé sur un aplat gris.

Alors chaque ville cherche sa photo. Une vraie, prise par un photographe, pas une illustration générique piochée dans un fonds d'images. Et elle change : le lendemain, la même ville vous accueille autrement.

Restait le cas des villes que personne n'a photographiées, la grande majorité en réalité. J'aurais pu y mettre un fond neutre et passer à autre chose. À la place, l'application y compose une ambiance qui correspond au moment : la pluie s'il pleut, la nuit s'il fait nuit, la neige s'il neige. Une image choisie pour la journée entière, différente demain. Le rendez-vous quotidien tient, même pour un village dont il n'existe aucun cliché.

Je ne suis pas développeur

Il faut le dire, parce que c'est ce qui explique le reste.

Je n'écris pas de code. Ce que j'ai, c'est une vision très précise de ce que je veux voir à l'écran, et une obstination à ne pas transiger dessus. L'IA a été mon outil de construction : je décrivais, je testais, je disais « non, ce n'est pas ça », je recommençais. Pendant des mois.

Ce que j'ai appris tient en une phrase : l'IA ne remplace pas la vision, elle la révèle. Quand on ne sait pas ce qu'on veut, elle produit du tiède très vite. Quand on sait exactement ce qu'on veut, elle devient un atelier. Le travail n'a pas disparu, il s'est déplacé du « comment » vers le « pourquoi ».

Puis j'ai eu envie de la partager

À un moment, l'application était devenue celle que je voulais. J'aurais pu m'arrêter là, c'était l'objectif initial après tout.

Sauf qu'une chose faite pour soi et qu'on garde pour soi finit par s'éteindre. J'ai voulu voir si ça parlait à d'autres. Ça a donné deux décisions concrètes.

  • Le Play Store, pour qu'elle s'installe comme une vraie application.
  • Huit langues, dont l'arabe qui se lit de droite à gauche.
  • Une recherche de ville qui comprend les kanji japonais.

Aujourd'hui

Ce que je regarde, ce ne sont pas des volumes : ce sont les noms des villes recherchées. Los Angeles, Paris, Londres, bien sûr. Mais aussi Gripp, hameau des Hautes-Pyrénées, Nocera Inferiore en Campanie, Zaporijjia en Ukraine, Mestia dans les montagnes de Géorgie, Lomé, Abidjan, Ouagadougou. Et des villes dont le nom s'écrit en arabe ou en japonais.

Ces endroits n'intéressent aucun service météo. Ce sont pourtant ceux où quelqu'un habite et ouvre l'application le matin. Je ne connais aucune de ces personnes, et je trouve à cette idée une satisfaction que je n'avais pas anticipée en commençant : ce qui n'était qu'une exigence personnelle sur la manière d'afficher une température est devenu, pour des inconnus, une habitude.

Il n'y a pas de société derrière, pas d'investisseurs, pas un euro de marketing. L'application est gratuite et le restera : il n'y a rien à vendre, donc rien à mesurer d'autre que le fait que des gens la gardent.

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